Sans travail de force ni protéines suffisantes, un quart de la perte rapide peut venir du muscle — or c'est lui qui soutient votre métabolisme.
Le poids est une mauvaise mesure du progrès parce qu'il ne dit jamais ce qui a été perdu. Lors d'une perte très rapide, un quart du total peut provenir de la masse maigre plutôt que de la graisse. Perdre quarante kilos dont dix de muscle laisse une personne plus légère, plus faible, et avec un métabolisme de repos inférieur à ce que sa nouvelle corpulence laisserait prévoir : c'est l'une des voies discrètes vers la reprise de poids deux ans plus tard. L'impédancemétrie à chaque visite répond à la question que la balance ignore.
Soixante à quatre-vingts grammes par jour constituent le plancher, et les patients plus grands ou plus musclés en réclament davantage. L'obstacle pratique est le volume : un estomac contenant 100 à 150 millilitres ne peut pas recevoir trente grammes de protéines en une fois, la journée doit donc s'organiser autour de quatre petits apports de vingt à vingt-cinq grammes. Les shakes des trois premiers mois ne sont pas un produit marketing : c'est le seul moyen réaliste d'atteindre ce chiffre.
La marche commence dès le lendemain de l'opération et sert surtout à prévenir les caillots et à relancer le transit. Le muscle, lui, a besoin de charge. Élastiques ou petites haltères vers la quatrième semaine avec l'accord du chirurgien, deux à trois séances hebdomadaires, articulées autour de squats, tirages, poussées et portés plutôt que de machines isolant un seul muscle. La charge doit augmenter avec le temps, sinon le stimulus disparaît. Le cardio est bon pour le cœur et ne protège que très peu la masse maigre en déficit.
La composition corporelle est enregistrée à un, trois, six et douze mois en même temps que le poids, et la force de préhension offre un contrôle rapide entre les visites. Si la masse maigre chute plus vite que prévu, la réponse est davantage de protéines et de travail de force, pas des félicitations pour un chiffre sur la balance. Douze mois de suivi diététique sont inclus dans chaque dossier bariatrique, et c'est cette partie que les patients apprécient deux ans plus tard, pas deux semaines plus tard.
Non. Une partie de la masse maigre part avec toute perte de poids importante, en partie parce qu'un corps plus petit a besoin de moins de muscle de soutien. L'objectif est de la maintenir autour de dix à quinze pour cent du total plutôt que trente.
En général oui, sous forme de poudre et avec une hydratation suffisante, une fois les premiers mois passés. Parlez-en à la diététicienne, car l'hydratation et la tolérance comptent plus que le complément lui-même.