Oui, à vie — pas seulement la première année. Le bypass court-circuite précisément la zone où le fer, le calcium et la B12 sont absorbés.
Les compléments après un bypass gastrique sont à vie, pas seulement la première année. L'intervention fait passer les aliments à côté du duodénum et du premier segment de l'intestin grêle, c'est-à-dire précisément là où le fer, le calcium et plusieurs vitamines sont absorbés. L'acide gastrique et le facteur intrinsèque qui rendent la vitamine B12 assimilable sont eux aussi largement court-circuités. Rien de tout cela ne s'inverse avec le temps ni avec la stabilisation du poids : le risque de carence à dix ans est celui de la première année.
Un complexe multivitaminé bariatrique complet couvre la base. S'y ajoutent la vitamine B12, en général en sublingual quotidien ou en injection tous les trois mois ; le fer, pris avec de la vitamine C pour favoriser son absorption et éloigné du calcium ; le citrate de calcium plutôt que le carbonate, car le citrate n'a pas besoin d'acide gastrique pour se dissoudre, réparti en deux prises de 500 milligrammes ; et la vitamine D, dosée selon votre taux sanguin mesuré et non selon un comprimé standard.
Prendre des comprimés sans contrôler, c'est deviner. Nous vérifions la numération formule sanguine, la ferritine, la B12, les folates, la vitamine D, le calcium et la parathormone à trois, six et douze mois, puis une fois par an à vie. Votre médecin traitant peut prescrire exactement le même bilan : nous en envoyons la liste par écrit pour que rien ne repose sur la mémoire. La carence en fer chez les femmes réglées et la B12 chez tout le monde sont les deux anomalies les plus fréquentes dans notre suivi.
Chez nous, un bypass gastrique est à 5 200 €, hospitalisation, anesthésiste, bilan préopératoire et douze mois de suivi diététique en visioconsultation compris. Les compléments eux-mêmes reviennent à environ 25 à 40 € par mois dans n'importe quelle pharmacie, et ce montant est le même que vous ayez été opéré à Istanbul ou chez vous. Si une clinique chiffre un bypass sans jamais évoquer la supplémentation à vie, la conversation n'est pas terminée.
La carence est lente et silencieuse. Une déplétion en B12 peut mettre deux ans à se manifester et provoquer des lésions nerveuses qui ne régressent pas totalement ; un fer bas se traduit par une fatigue bien avant qu'une anémie n'apparaisse au bilan.
Oui. La sleeve laisse l'intestin intact, le besoin est donc plus léger : un multivitamine bariatrique, de la B12 et de la vitamine D pour la plupart. Le bypass y ajoute obligatoirement fer et citrate de calcium, du fait du trajet dérivé des aliments.